En quelques jours à peine, le baril de Brent a plongé de plus de 15 %, repassant sous les 80 dollars pour la première fois depuis mars 2026. Une véritable bouffée d'air frais pour l'économie mondiale. Mais pour les ménages belges, la question qui compte vraiment est celle-ci : quand cette baisse sera-t-elle répercutée sur les factures domestiques ? La réponse mérite d'être comprise en détail.
Retour sur une crise énergétique brutale
Depuis le déclenchement des frappes américano-israéliennes contre l'Iran fin février 2026, les marchés de l'énergie mondiaux vivaient sous haute tension. Le détroit d'Ormuz, ce bras de mer de 54 kilomètres de large entre l'Iran et Oman, avait été bloqué par les Gardiens de la Révolution iraniens. Par ce passage transitent en temps normal près de 20 % du pétrole mondial, mais aussi environ 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), ce qui en fait un verrou absolument stratégique pour l'approvisionnement énergétique de l'Europe.
Les conséquences avaient été immédiates et multiples. Le 2 mars 2026, le prix de référence du gaz européen (TTF) avait bondi de près de 45 % en une seule séance, atteignant environ 46 euros le mégawattheure, soit la plus forte hausse enregistrée depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, selon Test-Achats. Le pétrole, lui, avait frôlé les 130 dollars le baril à son pic de fin avril.
En Belgique, les répercussions s'étaient fait sentir sur l'ensemble des postes énergétiques : comme nous le rappelions dans notre article d'avril, le mazout avait pratiquement doublé en un mois et demi, passant de 0,83 euro le litre à plus de 1,60 euro. Mais la hausse avait également touché les prix du gaz et de l'électricité pour les ménages en contrat variable, les carburants à la pompe, et même les produits alimentaires via l'augmentation des coûts de transport.
L'accord du 15 juin : une désescalade qui rassure les marchés
Le samedi 15 juin 2026, un protocole d'accord a été annoncé entre Téhéran et Washington. Sa signature formelle est prévue ce vendredi près de Lucerne, en Suisse. S'ouvre ensuite une période de 60 jours pour négocier un accord définitif, notamment sur le dossier nucléaire iranien, qui reste au cœur des tensions régionales.
Les marchés ont réagi quasi instantanément. Dès lundi, le pétrole chutait de 5 % à l'ouverture. En une semaine, le baril de Brent repassait sous les 80 dollars. Cette correction était en partie anticipée : selon Francis Perrin, directeur de recherche à l'IRIS interrogé par Public Sénat, l'un des tournants avait été le 23 mai, lorsque Donald Trump avait annoncé qu'un accord avait été largement négocié.
Du côté du gaz, la détente est également perceptible, même si le TTF Spot s'établissait encore autour de 49 euros le mégawattheure à la mi-avril, bien au-dessus des 30 euros qui prévalaient avant la crise. Le marché intègre en effet un déficit structurel durable, lié aux dommages infligés aux infrastructures du Qatar.
Ce que ça change pour votre facture
Le mazout de chauffage
Pour les ménages belges se chauffant au mazout, la perspective d'un recul des prix est réelle, après une première baisse de 6,58 centimes par litre avait déjà eu lieu en avril.
« On peut espérer encore quelques dollars de moins et, progressivement dans l'année, une redescente jusqu'à 70 dollars le baril. C'est plausible, mais cela risque de prendre des mois. »
Patrice Geoffron, professeur d'économie à Paris-Dauphine
Un retour aux tarifs d'avant-crise (autour de 0,83 € le litre) reste néanmoins très peu probable avant la fin 2026.
Le gaz naturel
La baisse du gaz sera plus lente. En Belgique, le site de stockage de Loenhout géré par Fluxys n'affichait que 29 % de remplissage en début de crise. Le commissaire européen à l'Énergie l'a rappelé dans Euronews : « Même si la paix était conclue dès demain, nous ne reviendrons pas à la normale dans un avenir prévisible. » Les analystes tablent sur des prix supérieurs à 40 €/MWh à court terme.
L'électricité et les carburants
Les centrales à gaz fixant souvent le prix marginal de l'électricité en Europe, l'électricité suit logiquement la courbe du gaz. Une détente progressive devrait se refléter dans les contrats variables belges.
Concernant la pompe, les prix ne changent que lorsqu'un seuil est dépassé sur une moyenne mobile de 7 jours. Une baisse du diesel nécessite que le recul des cours se maintienne. Selon BRAFCO, le gazole avait frôlé les 2,49 € au pire de la crise. Il repasse tout juste sous les 2 € chez nos voisins français, donnant bon espoir pour la Belgique.
Pourquoi la normalisation prendra des mois
Même dans un scénario diplomatique idéal, plusieurs facteurs structurels vont freiner la baisse :
- Le détroit d'Ormuz reste une zone à risque. Les armateurs exigent des garanties et les primes d'assurance restent exorbitantes.
- L'embouteillage logistique. Le marché ne sera pas inondé de pétrole du jour au lendemain. Des centaines de navires sont toujours bloqués.
- Les infrastructures endommagées. L'AIE recense près de 80 installations touchées dans le Golfe. Les réparations prendront du temps.
- La reconstitution des réserves stratégiques. Les pays membres de l'AIE devront racheter les 400 millions de barils libérés pendant la crise.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
L'accord diplomatique offre une fenêtre d'accalmie. C'est le moment de reprendre la main sur votre budget via trois actions concrètes :
Comparer les contrats
L'écart entre le contrat le moins cher et le plus cher en Belgique atteint 355 €/an.
Comparer les offresIsoler son logement
Un logement isolé consomme 30 % de moins. Les primes Rénopack aident au financement.
Estimer mes aidesEnvisager le solaire
S'affranchir des crises fossiles. Le photovoltaïque a un retour sur investissement de 4 à 7 ans.
Lire le guide

